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Avant les nymphéas au Musée des impressionnismes Giverny

expo.paris · Des Moines Metropolitan Area · 3 days ago
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L'exposition

Le musée des impressionnismes Giverny consacre une exposition aux premières années de Claude Monet dans le village normand. « Avant les nymphéas. Monet découvre Giverny, 1883‑1890 » rassemble, du 27 mars au 5 juillet 2026, une trentaine de toiles peintes entre l'arrivée du peintre et l'achat de sa propriété. À l'occasion du centenaire de la disparition de Monet, le 5 décembre 1926, ces œuvres reviennent sur les lieux mêmes de leur création. L'exposition, commissariée par Cyrille Sciama et Marie Delbarre, bénéficie du soutien du musée Marmottan Monet et de l'Académie des beaux-arts.

Monet s'installe au Pressoir

Au printemps 1883, Claude Monet quitte Poissy et s'installe avec Alice Hoschedé et les enfants de celle-ci au Pressoir, une ferme au crépi rose qu'il loue au viticulteur Louis-Joseph Singeot. L'emménagement a lieu le 29 avril. Le peintre sort aussitôt explorer les alentours, chevalet sous le bras. Il arpente les rives de l'Epte et de la Seine, traverse les prairies, remonte vers les collines. Chaque motif retient son attention : un rideau de peupliers, un champ de coquelicots, le méandre d'une rivière. Monet peint sur le vif, attentif aux effets fugitifs de la lumière normande.

L'Autoportrait coiffé d'un béret, réalisé en 1886, témoigne de cette période d'enracinement. Cette huile sur toile de 56 × 46 cm montre l'artiste en blouse sombre, le regard concentré, sur un fond de ciel bleu. Jamais vendu du vivant du peintre, ce portrait intime a appartenu toute sa vie à son fils Michel. Le tableau, rarement exposé, ancre le parcours de « Avant les nymphéas » dans l'intimité du peintre.

« Je suis dans le ravissement, Giverny est un pays splendide pour moi. » – Claude Monet à Théodore Duret, 1883

D'autres toiles de ces mêmes années fixent les premières impressions de Monet face à la topographie locale. Le Bras de Seine à Giverny, peint en 1885 et conservé au musée Marmottan Monet, illustre sa capacité à saisir les reflets sur l'eau dès les premiers mois. L'exposition déploie ces années d'exploration en cinq volets thématiques, des rives de l'Epte aux premiers aménagements du jardin.

Coquelicots, peupliers et rives de l'Epte

De 1883 à 1890, Monet dresse un inventaire pictural des environs de Giverny. Les coquelicots parsèment les prairies au printemps, les peupliers bordent les berges de l'Epte, les collines ferment l'horizon au sud. Le peintre capte ces motifs au fil des saisons et des heures, traquant la manière dont la brume, la pluie ou le soleil transforment un même site.

Sa méthode se précise pendant ces sept années. Monet travaille en plein air, souvent sur plusieurs toiles à la fois, passant de l'une à l'autre selon les conditions atmosphériques. Il ne cherche pas l'anecdote pittoresque mais l'effet lumineux : un reflet dans l'eau, une ombre portée sur un champ, la vibration d'un ciel couvert.

Peint en 1885, soit deux ans après l'arrivée de Monet à Giverny, ce tableau montre un bras de la Seine baigné de reflets que le peintre capte depuis les berges proches de sa maison du Pressoir. Conservée au musée Marmottan Monet grâce au legs de Michel Monet en 1966, cette toile illustre l'attention précoce du peintre aux jeux de lumière sur l'eau – motif qui deviendra central dans son œuvre. L'exposition fait revenir ce tableau sur son lieu de création, permettant aux visiteurs de confronter la toile au paysage réel visible depuis les abords du musée. Comme le souligne le parcours conçu par les commissaires Cyrille Sciama et Marie Delbarre, cette proximité entre l'œuvre et le motif constitue le cœur de l'expérience proposée au public.

Les environs du village offrent au peintre une variété de motifs concentrés dans un périmètre restreint, entre la vallée de la Seine et celle de l'Epte. Le visiteur suit le regard de Monet, des prairies aux berges, des champs de coquelicots aux vues de Vernon. Certaines œuvres, rarement montrées ou récemment retrouvées – comme L'Inondation, Vétheuil, totalement inédite –, révèlent un artiste attentif aux moindres variations du paysage.

Les toiles reviennent sur leurs lieux de création

Le parti pris de l'exposition tient en un geste : ramener les tableaux là où Monet les a peints. Le musée des impressionnismes Giverny se trouve à quelques pas de la maison du Pressoir. Le visiteur contemple une toile dans les salles, puis sort et reconnaît le même paysage depuis le jardin ou les fenêtres du bâtiment.

L'accrochage suit un parcours thématique en cinq sections :

  • « De Vétheuil à Giverny »
  • « Le long de l'Epte et de la Seine »
  • « À travers champs : meules et coquelicots »
  • « Loin de Giverny : les voyages de Monet »
  • « Avant les nymphéas, les débuts du jardin »

Cette progression retrace l'évolution du regard de Monet sur un territoire qu'il s'approprie saison après saison.

« Avant les nymphéas » au musée des impressionnismes Giverny donne ainsi à voir le passage du peintre itinérant au maître enraciné. Le parcours éclaire la genèse d'un rapport au paysage qui aboutira, quelques années plus tard, au bassin aux nymphéas et aux grandes décorations de l'Orangerie.

Du locataire au propriétaire

Le 19 novembre 1890, devant Maître Grimpard, notaire à Vernon, Monet signe l'acte d'achat de la maison du Pressoir pour 20 000 francs, payables en quatre annuités. Quelques semaines plus tôt, il écrivait à Paul Durand-Ruel : « Je serai obligé de vous demander pas mal d'argent, étant à la veille d'acheter la maison que j'habite ou de quitter Giverny, ce qui m'ennuierait beaucoup, certain de ne jamais retrouver une pareille installation ni un si beau pays. »

Devenu propriétaire, Monet peut enfin modeler les lieux à sa guise. Il transforme le jardin potager en Clos normand fleuri, puis achète de l'autre côté du chemin du Roy un terrain traversé par un bras de l'Epte, où il fera creuser le bassin aux nymphéas quelques années plus tard. La dernière section de l'exposition, « Avant les nymphéas, les débuts du jardin », montre comment la peinture de Monet évolue à mesure que le paysage cesse d'être un décor subi pour devenir une création.

En mai 1891, quinze versions des Meules peintes au clos Morin voisin sont exposées chez Durand-Ruel. Toutes se vendent en quelques jours, assurant définitivement la renommée de Monet. Cette toile de 1890 saisit la prairie au sud de la propriété, là même où Monet entreprendra quelques mois plus tard sa fameuse série des Meules. Au premier plan, une meule de foin se détache devant un rideau d'arbres baigné d'une lumière estivale. Le tableau marque la fin de la période couverte par l'exposition : celle d'un peintre qui, après sept ans de location, devient enfin maître de son territoire. Conservée au Fukushima Prefectural Museum of Art au Japon, l'œuvre revient pour la première fois sur son lieu de création à l'occasion de « Avant les nymphéas ».

Pourquoi aller voir l'expo "Avant les nymphéas" ?

Peu d'expositions permettent de confronter les tableaux aux paysages qui les ont inspirés. « Avant les nymphéas » offre cette expérience rare, à l'endroit même où Monet a posé son chevalet entre 1883 et 1890. Les trente toiles rassemblées – dont l'Autoportrait coiffé d'un béret de 1886 et des œuvres récemment retrouvées – éclairent une période décisive, celle où le peintre s'enracine à Giverny avant de concevoir son jardin légendaire.

On connaît les Nymphéas, moins les années qui les ont rendues possibles. Cette exposition comble un angle mort : celui des toiles peintes par Monet entre son arrivée à Giverny et l'achat du Pressoir. Trente tableaux ramenés sur leurs lieux de création, un Autoportrait coiffé d'un béret rarement montré, et la possibilité de confronter chaque toile au paysage réel. Le geste est simple, l'effet saisissant. On en ressort en comprenant mieux ce qui lie le peintre à son territoire. Le centenaire de la disparition de Monet, le 5 décembre 1926, donne à ce retour aux sources une résonance particulière. L'exposition, commissariée par Cyrille Sciama et Marie Delbarre, bénéficie du soutien du musée Marmottan Monet et de l'Académie des beaux-arts.

L'avis de Camille, rédactrice culture

Le vrai coup de cœur de cette exposition, c'est de sortir des salles et de reconnaître le paysage que l'on vient de voir sur la toile. On marche dans les pas de Monet, littéralement. Un Autoportrait coiffé d'un béret saisissant ouvre le parcours, et la trentaine d'œuvres qui suit raconte un artiste en train de s'enraciner. À voir absolument si vous passez par la Normandie cet été.

Informations pratiques

  • Dates : du 27 mars au 5 juillet 2026
  • Horaires : tous les jours, y compris les jours fériés, de 10h à 18h (dernière admission à 17h30)
  • Tarifs : plein tarif à partir de 14 € (+0,99 € de frais) sur Fnac Spectacles ; tarif réduit 11 € (étudiants, enseignants, demandeurs d'emploi, adhérents Fnac) ; gratuit pour les moins de 18 ans. Billets également disponibles sur place.
  • Durée de visite : compter le temps de parcourir la trentaine de toiles dans les galeries, avec du temps supplémentaire pour profiter du jardin du musée qui offre une vue sur les paysages peints par Monet. Un audioguide est disponible.

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